13
oct 2015

Quel devrait être le chemin pour permettre à chacun, quel que soit sa place ou sa position, de comprendre CE qu’il est, pour cheminer sur le sentier qui est le sien, à sa place et se battre si besoin est? Le rôle, en cela, de quelque gouvernement que ce soit, devrait être d’aider à ce que nos contemporains puissent se développer, corps, esprit et âme. Construire et non pas détruire.

Au fil de notre longue civilisation chrétienne occidentale les bâtisseurs de cathédrales sont exemplaires mais ils ne furent pas les seuls. A notre époque, au sein du chaos volontairement organisé, nos repères ont été progressivement effacés, la science et la technologie parfois excessives nous asservissent et oblitèrent de plus en plus notre esprit et nos ressources financières. Le « pourquoi? », l’assujettissement du plus grand nombre de ceux qui ont encore le désir de travailler et de vivre grâce à l’utilisation de leur métier, est remplacé par une seule idée fixe: gagner de l’argent et si possible du pouvoir par n’importe quel moyen. Bien sûr l’argent est nécessaire pour vivre et faire vivre sa famille. Atteindre le pouvoir pour le pouvoir tend à une destruction, une déstructuration de soi-même, car il faut connaître la finalité du pouvoir, non pas pour se servir, mais pour servir les autres.

Moi-même, dès mon enfance, j’ai vite su qui j’étais, mais me sentais totalement inconscient et aveugle pour ce qui était ou serait CE que j’étais vraiment et ce que je serai capable d’accomplir. Avec le temps et progressivement j’ai compris le rôle, fut-il difficile ou ingrat de ce que devait devenir mon chemin. Cela n’avait rien à voir avec un orgueil et une vanité mal placés, mais avec ce que serait désormais mon devoir et ma mission. J’ai été soutenu en ce sens par quelques personnes qui m’ont aidé à réfléchir et à tenter de mieux comprendre les gens que je rencontrais et qui, eux, se trouvaient bloqués et angoissés par des « normes » obligées qu’ils ne pouvaient comprendre et aux quelles ils ne pouvaient participer. Je remercie de tout mon coeur ceux et celles qui m’ont soutenu et qui continuent de le faire, et en particulier la Princesse Micaela ici présente.

Quelle est notre place, notre mission, celle de notre pays la France, dans ce mondialisme échevelé et tempétueux qui se déchaîne autour de nous? Car cette »Bête » devient incontrôlable par le fait que toute décision qui engage notre vie, notre avenir, est totalement déconnectée de la réalité simplement humaine. Je me souviens, en 1993, d’être allé poser une même question à plusieurs personnalités et chefs de partis, alors que je préparais l’écriture d’un livre devant paraître quelque temps après l’élection Présidentielle de 1994: »Adresse au Futur Chef de l’Etat » (Ed. Denoël). La question était: « que comptez vous faire pour réduire le chômage? » Seule une réponse m’a … oui … bouleversé car elle traduisait la réalité de l’avenir. Ce fut Monsieur Jacques Delors qui me l’a fournie.  » Monseigneur, me dit-il, dans l’état actuel de l’économie, il faut s’attendre à ce que 30% de la population de la France reste sur le bord du chemin et nous n’y pouvons rien ». A ce fléau qui ne faisait que commencer et qui aujourd’hui, de plus en plus, jette à la rue des familles Françaises entières, s’ajoute une gestion économique déplorable, due en très grande partie à l’irresponsabilité de technocrates sans mandat électif et totalement déconnectés de la vie sur le terrain. L’individu se retrouve alors seul, face à son ordinateur, isolé, perdu dans une angoisse qui ne fait que s’accumuler chaque jour au fur et à mesure des promesses annoncées et oubliées, et ce qui est pire reportées aux calendes grecques. Tandis que le bas de laine des Français fond comme neige au soleil. L’argent qui conservait une certaine valeur il y a encore une cinquantaine d’années, bien qu’il ait déjà perdu sa convertibilité avec l’or, de nos jours est devenu virtuel. Il n’y a plus d’étalon de référence. Ainsi votre achat sur internet repose sur des circuits électriques, au mieux, au pire il vogue sur les nuages (le cloud) et disparaît au passage.

A l’époque de mon ancêtre, le Régent, protecteur du petit Roi Louis XV, avait cru bien faire en acceptant les propositions de Law, financier anglo-saxon, afin d’assainir les finances de la France. Bien des gens furent séduits et en demeurèrent ruinés car ce n’était que du papier monnaie et les banques firent faillite. Pourtant l’Etat effaça la quasi totalité de ses dettes à l’époque. Aujourd’hui le drame est aux portes de l’Europe. Il est en Europe. Il est en France… Drame humanitaire, mais pas seulement, car on ne change pas de civilisation comme on change de chemise et on ne peut impunément détourner le secret des choses et mettre le désordre dans la création. L’impuissance de l’Europe face à l’invasion récente, qui ne fait que débuter, les diktats de la Chancelière de Fer, qui s’apparentent plus à une sorte de chantage vis à vis de la Pologne ou de la Hongrie, comme ce fut le cas pour la Grèce, tout cela nous prouve que l’Europe est bien « L’Homme malade de l’Occident. Il devient urgent de faire table rase et de reconstruire une autre Europe, celle des Femmes et des Hommes et non celle des marchands. Il est un vieux principe de gouvernance qui dit que Le politique gouverne l’économie et la finance et ne doit pas se laisser gouverner par elles… Je me remémore ce déjeuner conférence près d’Arles sur l’Europe avant que le traité de Maastricht n’existe. Ce jour là nous avons compris que les jeux étaient en train de se verrouiller. Parmi les participants il y avait de hauts fonctionnaires de Bruxelles et des personnalités locales. La Princesse Micaela, timidement posa une question: « Je ne comprends pas très bien, dit-elle, mais l’Europe que vous voulez sera-t-elle fédérale ou confédérale? » Un silence de plomb s’abattit sur l’assemblée alors que rien n’était encore définitif. Chaque pays d’Europe conserve, qu’on le veuille ou non, son identité et sa spécificité. L’Histoire, la culture et les arts sont le seul vrai ciment de nos racines et chaque pays a les siennes propres. Ensemble elles forment le socle de notre civilisation occidentale Chrétienne. Dans une Europe confédérale à l’exemple de la Suisse la gouvernance centrale devrait être réduite à sa plus simple expression, ainsi chaque pays conserverait sa souveraineté financière et monétaire, quitte à conserver une monnaie commune pour les échanges extérieurs. Les lois et les normes ne nous seraient plus dictées de l’extérieur. Mais nous devrions nous accorder sur de grands projets à construire en commun au cas par cas et renouvelables…

Et le premier grand chantier à mettre en oeuvre et en commun pourrait consister à la mise en place d’un « Plan Marshall »pour l’Afrique et le Moyen Orient. Arrêter la guerre en Syrie en s’alliant à la Russie et à l’Iran, en soutenant, durant le temps nécessaire Bachar El Assad… soyons réalistes… et développons une économie locale afin de fixer les populations chez elles pour qu’elles cessent de nous envahir. Un vieux proverbe chinois dit: « si ton ami a faim, apprend lui à pêcher. Je voudrais rappeler ici la mission de la France, celle de chaque Française et de chaque Français qui n’est pas de pousser quelque cocorico retentissant , puis de lisses vaniteusement ses plumes. Il est demandé à la France de transformer le charbon en diamant, d’être l’exemple exemplaire, universellement reconnu. Jusqu’à la disparition du Roi Louis XVI? notre pays fut le premier en de nombreux domaines, celui que l’on citait et qui suscitait parfois tant de jalousies, mais dont la langue était celle des diplomates, celle des traités. Les Rois Capétiens avaient su garder la France en son axe, dans un juste milieu et avaient su faire évoluer la France.

Je conclurai par ces paroles du Président Vaclav Havel: « La vraie politique, la seule digne de ce nom, et d’ailleurs la seule que je consens à pratiquer est la politique au service de la communauté, au service du prochain, au service des générations futures. Son fondement est éthique, en tant qu’elle n’est que la réalisation et la responsabilité de tous envers tous. C’est la responsabilité telle qu’en elle même, celle que j’appelle la responsabilité supérieure, supérieure par le fait qu’elle s’ancre dans la métaphysique. Elle se nourrit de la certitude, consciente ou inconsciente, que rien ne se terminera par la mort, car tout s’inscrit pour toujours, tout s’évalue ailleurs, quelque part « au dessus de nous » dans ce que j’appelle la mémoire de l’être, dans cette partie indissociable de l’ordre mystérieux du cosmos, de la nature et de la vie que les croyants nomment Dieu et au jugement duquel tout est soumis.

Chantilly Le 10 octobre 2015 Henri Comte de Paris

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