11
jan 2015

Depuis l’apparition, dans la préhistoire, des splendides sculptures et peintures pariétales et rupestres, l’élan semble se briser sur les sinistres grandes fresques lénino-marxistes, car l’art figuratif se conjugue comme un lien sacré entre l’homme et un pouvoir ascendant et supérieur. Cette prise de conscience lumineuse, en ses temps, ne peut plus satisfaire les besoins de transcendance de l’humain, car on ne zappe pas si facilement du sacré au matérialisme totalitaire, destructeur de toute émotion, sans en oublier la tristesse.

Oui la magie de l’art n’a cessé d’agir depuis sa naissance dans les grottes de la préhistoire. Cette résonance, cette part de préhension visionnaire que l’initié, que l’artiste offre à la contemplation de celui qui sait voir, repose sur les fondements de la beauté et celle- ci est à portée de main, à portée de nos sens, pour tous ceux qui sont en quête, afin de comprendre au delà d’eux mêmes, par delà.

Avant même les Grecs, Aristote et Platon, il y a tous ceux qui nous ont transmis le sens du beau, du bon et du juste. Il y a eu ceux qui nous ont enseigné la « divine proportion » et le « nombre d’or », comme Léonard de Vinci, Michel Ange et tant d’autres. Ils nous ont fait découvrir les symboles que la nature véhicule. D’ailleurs ce mot « sun bolein » signifie en grec: ce qui unit, ce qui réunit. Aimer, se nourrir d’une oeuvre d’art c’est en effet s’imprégner, épouser cette parcelle de beauté.
Mais au fur et à mesure, l’homme a voulu exterminer l’idée même de Dieu. Et Nietzsche a proclamé que Dieu n’existait pas. Alors en mai 68 on s’est empressé de placarder: « Nietzsche n’existe pas… signé Dieu » ce qui est évidement une sinistre plaisanterie.
C’est ainsi que l’art a cessé d’être le dernier refuge du rêve et de la liberté. George Orwell, prophète et visionnaire a décrit ce que nos civilisations allaient générer. « Big Brother » s’est emparé de l’art comme arme de propagande, comme médium pour formater les esprits dont on a inconsciemment ou savamment coupé tout lien avec le sens de leur existence et de leur devenir.

Fort heureusement il existe encore des oasis de mémoire où sont conservés les chefs d’oeuvres des temps passés, les musées. Vivent aussi et encore des fous ou des génies, peut-être les deux à la fois,
qui bousculent les codes et définissent de nouveaux horizons pour la beauté. Car le monde n’est pas figé, même la nature évolue, Van Gogh, Picasso, Dali nous le prouvent.
Mais en parallèle existe une terrifiante pulsion de déstructuration qui dessèche tous les arts et il ne reste qu’un goût amer dans le coeur.

L’Homme est devenu un singe nu qui se promène glacé dans un désert de cendres, jusqu’au jour où… au détour d’un rocher, un buisson en fleur l’obligera à s’arrêter et à pleurer.

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