10
jan 2015

La gouvernance de la cité, telle que la Grèce antique nous l’avait enseignée, était fondée sur un idéal, totalement occulté de nos jours. Les élites de l’époque, soucieuses de leurs responsabilités, considéraient que le fondement de la politique est éthique, en tant qu’elle n’est que la réalisation de la responsabilité de tous envers tous. Toute politique digne de ce nom devait donc s’accorder avec les valeurs et les règles éthiques, non pas laïques car ce serait un non sens, mais fondées sur une responsabilité supérieure ancrée dans le spirituel.

La démocratie moderne, fille de la révolte des colons Anglais du continent américain et de notre sanglante révolution, celle des terroristes de 1793, a bien vite confondu démocratie et égalitarisme. Les philosophes de cette déviance nous ont fourni, grâce aux « lumières », une certaine vision du monde bâtie sur un syllogisme érigé en dogme. Leur pensée matérialiste, purement anthropologique, les a poussé à considérer l’intériorité humaine comme un champs à cultiver, dont la société pourra et devra engranger les fruits. Plus question du paramètre âme, cette dimension spirituelle qui dérange, car infinie. Ce terrain, disaient-ils, est passif, irresponsable par nature. Il faudra donc indiquer à l’être humain les comportements nécessaires à son bien être, pour son bonheur, tout en déniant prendre en considération les us et coutumes des uns et des autres. La liberté comme le bonheur ne peuvent ni ne doivent s’acquérir individuellement, car tout deviendrait alors chaotique, à les écouter. Il faut donc imposer au citoyen l’égalité, collectivement, par la force de la loi… comme celle du genre!!! et au besoin par la terreur.

Il convient ainsi de supprimer toute variable source d’imprécision scientifique et d’incertitude dans la construction de cette nouvelle société, proclamée démocratique, de cette humanité nouvelle devenue totalement laïque. Car seule la certitude scientifique et son application technologique fourniront les moyens d’ordonner le chaos dû à une liberté incontrôlée et à une spiritualité incontrôlable, causes de déséquilibres. Tout devra être jugé en fonction de l’efficacité… et seule l’efficacité pourra en juger. Il ne peut donc exister qu’une seule fin, un seul but quantifiable, le bien être pour tous, global, uniformisé, robotisé. Le monde de la politique est complexe et évidement difficile à contrôler. Il va donc devoir disparaître, peu à peu remplacé par l’administration des choses, selon des méthodes éprouvées scientifiquement. C’est ainsi que les technocrates de Bruxelles gouvernent toute l’Europe en accord avec l’administration des choses, vue de Washington et le soutient du capitalisme mondialiste. Le pouvoir « démocratique » dans sa réalité est détenu par les seuls individus qui se disent compétents, économiquement corrects: les technocrates. Quant au profit il devient le suprême et nécessaire bonheur, mais seule une infime caste y aura accès. Ainsi la rapine, le vol, l’abus de biens sociaux et le mensonge sont devenus monnaie courante.

Cette conception de la gestion du monde, planifiée, lisse, globale et souveraine devient une forme de totalitarisme, de dictature européenne et mondiale, une caricature de la Démocratie. Ainsi les syllogismes de la « déesse raison », ceux des philosophes des « lumières » ont poussé notre civilisation, notre société vers l’abîme de l’absurde. L’impératif de « l’efficiency » nord-américaine, du politiquement correct à la française, efface de la mémoire programmée les aspirations de l’être humain, les joies de la famille, les espoirs des communautés comme les réalités d’une nation, d’un pays et finalement de toutes ses composantes.

Dans l’Histoire comme dans la vie de tous les jours il est une leçon d’humilité qu’il faut sans cesse se remémorer, rien n’est inéluctable, rien n’est définitif et toute construction humaine est appelée à disparaître, parce qu’il sera toujours donné à notre humanité, à l’Homme, la possibilité d’un choix « autre ». Souvenez vous de la chute du mur de Berlin et de la disparition du communisme en 1989, deux cents ans après l’assassinat de la famille Royale de France en 1789. Ce choix « autre » sera toujours le fruit de votre regard sur l’autre, de notre responsabilité individuelle ou collective. Il se fonde sur des lois immanentes sources de vie et de beauté, parce qu’elles sont justes et vraies. Alors l’art de la politique ne serait-il pas de trouver ce juste équilibre entre tous ces contraires pour harmoniser la société dans le respect de la liberté de chacun afin de rendre la progression de notre humanité moins chaotique et plus heureuse. Nous sommes bien loin de la gestion des choses.

Nous n’avons plus le choix, car le compte à rebours a déjà commencé. Les démocraties modernes ont lancé l’entreprise de destruction massive de notre civilisation. Tout ce qui avait été source de beauté, de culture, de spiritualité est peu à peu étouffé et réduit en miettes éparses. Même la nature en subit les frais et commence à se révolter. L’intellectualisation de tout décision politique devient volonté idéologique… cela n’a rien à voir avec le bon sens et encore moins avec une véritable politique fondée sur une éthique supérieure. Enstein disait : »plus la technologie progresse,plus l’Homme devient idiot. »

Un dernier mot à propos de l’égalité. Dans les temps anciens le brigand Procuste détroussait les voyageurs, puis les conviait chez lui à dormir dans un lit unique. Ceux qui étaient trop grands et dont les pieds dépassaient, il les leur coupait. Ceux qui étaient trop petits il les étirait afin qu’ils fussent tous égaux. Le pouvoir qui ne respecte pas les différences pourtant inhérentes et nécessaires à notre monde, tendra à opérer une uniformisation politique, sociale et laïque où tout ce qui est hors norme deviendra incorrect. La véritable unité se fait par le haut, tandis que la caricature de l’unité, c’est à dire l’uniformité égalise par le bas. L’unité ne peut qu’être d’essence spirituelle car elle n’est ni physique ni formelle. L’uniformité ne se conçoit que matérielle et suppose l’évacuation de toute sacralité.

La démocratie nous dit Alexis de Tocqueville « n’est pas seulement une forme de gouvernement, c’est aussi un mode d’organisation sociale qui privilégie et développe la liberté individuelle, comme l’égalité des chances, pour un accomplissement de chacun et dans la limite de cette même liberté. » Pour que les Droits de l’Homme coexistent avec ses Devoirs, il faut un garant extérieur aux forces politique, sociales et économiques qui sont toujours prêtes à les redéfinir selon les intérêts du moment ou ceux du plus fort. Pour que l’unité soit maintenue, il faut dans le pays un lieu où chaque citoyen, riche ou pauvre, de droite ou de gauche se trouve représenté et puisse s’identifier à une personne. Pour qu’il y ait continuité, il faut pour l’exprimer et l’incarner un personnage placé au delà des affrontements entre les partis politiques, au delà des forces économiques sociales et financières du pays afin, justement, que l’alternance puisse jouer et que les règles du jeu soient pleinement respectées dans l’intérêt de tous les citoyens, sans exception aucune.    Henri Comte de Paris Duc de France

6 Comments

  1. Guy Adain novembre 14, 2014 11:27

    Merci, Monseigneur, pour ce texte lumineux.
    Le fondement de la politique est éthique, comme vous le dites et doit être ancré dans le spirituel. Grâce au Ciel, rien n’est définitif et les lys refleuriront…

  2. Alexandre de La Cerda novembre 14, 2014 12:09

    Une pensée lumineuse éclaire ce remarquable article dont je me permettrai de reprendre les grandes lignes dans une prochaine page de mon « Bloc-Notes » de « La Semaine du Pays Basque »

  3. Une fille du peuple novembre 16, 2014 11:13

    Monseigneur,

    Grande est mon émotion en lisant votre magnifique édito après ma neuvaine pour sauver la France où je ne manque de vous citer quand je m’adresse à notre Seigneur Jésus-Christ et à Sa Mère, lMarie.
    Je reconnais Ses Pas dans les vôtres, Monseigneur, et sais que votre règne n’est pas loin.
    Béni soit le jour de votre naissance …. à la Source de Saint Pierre. Chaque instant qui s’écoule dans la Lumière Qui vous anime est une bénédiction pour chacun d’entre nous, oui, même pour ceux qui vous méconnaissent. J’ai le privilège de vous lire ici et de vous voir chaque jour sur mon écran d’accueil. Vous portez en vous la Noblesse que seul possèdent les Rois de Droit Divin..

    Comme pour Mr Guy Adain, je vous attends Monseigneur, l’espoir indéfectible.

    Tant reste encore à grandir dans notre humanité dont un trop grand nombre a été tiré vers le bas par les démolisseurs de l’édification de l’Homme, édification à laquelle nos ancêtres ont participé avec humilité, passion, attention,. Ces incultes de la vie, de la vraie dimension humaine, démolissent ce qu’est l’Homme en Réalité, brisent l’harmonie des nations.

    • Guy Adain novembre 29, 2014 8:50

      Merci madame pour vos gentils propos qui me vont droit au coeur.
      Grâce au Prince et à ceux qui le soutienent, les lys refleuriront.
      Très amicalement vôtre.

  4. Lefebvre Claude Pierre novembre 24, 2014 9:39

    Bonjour monseigneur. Je vous remercie de prendre en compte la douleur des Français,celle ci est provoquée par l’abandon de nos valeurs, et le remplacement progressif de nos us et coutumes, par celles proposées par cette gauche qui nous vend à l »étranger, simplement pour obtenir toujours plus de voix (du moins le croie t’elle). Mais nous voulons rester Français,nous voulons garder les valeurs de nos ancêtres, celles qui ont fait de la France pendant plus de mille ans, un pays admiré de tous. Alors qu’actuellement nous faisons rire le monde entier,les Français eux ,pleurent,leur perte de liberté,la perte de leur qualité de vie,et plus grave la perte du respect du pays par une partie de ses populations. Que dieux protège la France ,et que dieux vous protège monseigneur.

  5. trafic organique novembre 28, 2014 5:44

    Je commente car je suis ravie de lire un article de cette qualité

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