07
mar 2015

Cet article est consultable sous forme manuscrite ici.

L’être et les valeurs qui l’imprègnent n’ont jamais varié avec le temps, et le temps n’est pas un flux et un reflux. Ce sont des vagues semblables aux motifs peint par les Grecs anciens pour encadrer les frises qui poussent les ères et les ères.

Le grand jeu de la vie, qui nous est proposé, a ses rituels. Ils sont les mêmes quelles que soient les époques. Ils ont leurs lois qui respectent l’ordre du cosmos et de la nature. Ce ne sont pas des dogmes, mais ces rituels peuvent être sacrés et même consacrés, tout en variant selon les époques, les lieux et la culture de chacun.

Chaque être à sa naissance a, nous dit-on, son visage d’éternité. Chaque cellule de son corps est dépositaire de la mémoire de l’univers -comme l’eau dont notre corps est composé à quatre vingt dix pour cent-.

La véritable connaissance ne sera jamais une accumulation de savoir, mais proviendra de la fraîcheur du regard et de l’innocence du coeur. Cette force peut nous permettre de réactiver cette mémoire enfouie dans le noyau de chacune de nos cellules. Le grand jeu de la vie peut alors devenir le cheminement sur un sentier intérieur et intime.

Cette quête perpétuelle, selon le choix de chacun, est tout d’abord la question, la quête de notre Créateur pour certains. C’est également la question de notre rapport avec lui, comme de notre responsabilité envers Lui et envers toute Sa création.

La plupart des apprentis de la vie aiment baguenauder et passent leur temps à s’amuser, à rêvasser. Très jeune, cette insouciance est normale et commune à tous ceux qui n’ont pas encore découvert ce chemin ni ce qu’ils sont eux-mêmes. En vain la vie tente de les mettre en résonance avec l’harmonie cosmique, qui, comme une musique, se joue à travers nous. Une voix leur dit : « Tu aimes jouer à cache-cache avec ton ami! Imagines alors son attente et sa déception si lui se cache et que tu ne le cherches pas. Voilà comment tu te comporterais envers notre Créateur ».

Chacun a un sentier qui lui est propre, il est sans début et sans fin, pourtant il est continu, il est le contenu de ce que chacun choisira et fera de sa vie.. Tel est le libre choix qui nous est offert. Paul Valéry, grand poète et philosophe, disait que « la liberté de chacun s »arrête là où commence celle de l’autre ». Personne d’autre ne peut y pénétrer et personne ne peut en sortir… C’est comme si on vivait une tranche de temps, une tranche de lieu.

Sur ce chemin des dangers perpétuent des failles. Pourtant ces dangers ne viennent pas tant de l’extérieur que de l’intérieur de chaque être, car l’homme peut s’autodétruire par sa propre peur ou par des pensées qui parasitent l’ampleur spirituelle de chaque action.

L’être humain, femme ou homme, le voici à la croisée de deux axes, le voici écartelé, comme son nom primordial l’indique, puisque en langue grecque les quatre lettres du nom ADAM sont les initiales des quatre points cardinaux : Anatolé – Dysmé – Arctos – Mésembria.

Cette disposition statique, horizontale, devrait pouvoir se dynamiser, se retourner dans l’axe vertical pour naître en haut, seule voie nécessaire pour édifier sa royauté intérieure. Cette renaissance, cet accouchement ne peuvent s’accomplir que par et dans une gestation silencieuse pure et sans taches. Toutes les religions des temps historiques, depuis l’Egypte jusqu’à nos jours nous parlent de ce retournement nécessaire vers le haut à l’image du retournement de l’enfant dans l’utérus de la mère, avant de naître à la lumière. Au moment de l’assassinat des journalistes, la Reine Rania de Jordanie avait lancé cette déclaration: « En tant que musulmane, cela me fait de la peine quand quelqu’un se moque d’une religion, mais ce qui me blesse plus encore, ce sont les actions de criminels qui osent se servir de l’Islam pour justifier un meurtre de sang froid ».

Il me semble que les prises de conscience de notre époque mondialiste font en sorte que des jeunes, privés d’éducation comme de possibilités d’exprimer leurs qualités, leur personnalité et leur besoin de travail, soient jetés dans la bouillotte brûlante dont ils ne savent ni les causes ni les effets. Nous sommes donc tous, même involontairement, responsables et coupables de ce vide qui les pousse au meurtre, puisqu’on ne leur propose, en guise de spiritualité que la seule bestialité.

Quelque soit le nom donné à notre Créateur, toutes spiritualités ont en commun un même axe qui pousse ceux qui le respectent vers une meilleure compréhension de nos différences et vers l’amour de l’autre. Certes le bien et le mal existent. Ce sont des énergies initialement neutres. A nous de savoir les utiliser dans un sens positif, tourné vers le respect de l’identité de chaque être vivant ou de chaque chose dont l’Homme est responsable. Le mal étant des énergies détournées de leur sens! Cette compréhension, cette réflexion est un vouloir qui devrait nous être enseigné… Tel est, à mon sens la mission de l’Enseignement. Le choix personnel vient par la suite.

Aujourd’hui la mondialisation cherche à effacer toute réflexion et à encager les « papillons » qui finiraient par devenir esclaves. Ceux qui n’accepteraient pas, sous prétexte de liberté absolue, alors le filet ne pourrait que se refermer sur eux les plongeant dans la désespérance.

Il existe un idéogramme chinois, WANG, trois traits horizontaux, le ciel, l’homme et la terre, traversés en leur mitan par un trait vertical. C’est le Roi. Mais on peut l’interpréter également par: le règne animal, le règne végétal et le règne minéral axés, ou ancrés sur l’Homme dans sa royauté intérieure et dans l’accomplissement de sa responsabilité.

2 Comments

  1. Guy Adain mars 8, 2015 11:36

    Paroles de Roi !
    Merci, Monseigneur, pour ce texte admirable, digne de subjuguer les esprits des Gens de France.
    Vous nous donnez là une voie royale à suivre que personne d’autre que vous ne saurait proposer.
    Ce sont là paroles de Roi !
    Dieu veuille que nous, vos lecteurs, sachions commenter et diffuser la bonne parole.

  2. André mars 9, 2015 10:22

    Monseigneur, Merci pour cet article. Votre message transcende les différences et va droit au but, sans ressentiment inutile. J’aimerais qu’il soit plus largement partagé.

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