11
jan 2015

Nous ne dirons jamais assez combien les mythologies, les textes sacrés, les contes de fées nous enseignent sur l’évolution ou l’involution des mentalités au fil des siècles. Que ce soit Prométhée, celui qui vola le feu des dieux, ou Pandore qui ouvre le coffret permettant aux catastrophes de se répandre sur terre, tous en payent les conséquences. Plus proche de nous, dans les contes de Perrault, Barbe Bleu épouse successivement plusieurs femmes, il leur accorde toutes libertés, à condition de ne pas chercher à ouvrir une unique porte dans ce magnifique château. Sous peine de mort. Tous nous parlent de transgression d’un ordre que leur orgueil, épris d’impunité, pensent pouvoir, de nos jours, enfreindre. Alors cela devient sans discernement une habitude, une nécessité galopante, comme l’addiction à une drogue.

L’ évolution nécessaire se transforme en involution, car l’écoute des autres, cette politesse nécessaire au maintien des liens -comme le respect de soi-même- n’existe plus. Certes si l’on veut être accompagné par une société qui doit être en constante évolution, il faut savoir pouvoir enfreindre les codes.

Le Dalaï-Lama disait : »Il faut apprendre minutieusement les codes pour pouvoir consciemment les transgresser ». Un bernard-l’hermite en grandissant change de coquille. Mais dans toute transgression, dans toute mutation il faut savoir « raison garder ». Lorsque vous êtes sur une échelle, vous pouvez vous accrocher à votre échelon et n’y plus bouger, vous ne mécontenterez personne et vous vous scléroserez. Ou alors enfreindre l’inertie et progresser au risque de déplaire ou même de ne pas réussir à monter plus haut.
Pour notre humanité l’évolution est écrite en lettres d’or au fond de son coeur et de sa responsabilité. Tout naît dans la rigueur de la Loi et dans l’exigence que l’on s’impose à soi-même. La mission du Pouvoir devrait être de comprendre, de savoir contrôler cette formidable « faim » qui pousse les peuples à vouloir accéder à toujours plus.

Les Révolutions se sont inscrites dans l’Histoire lorsque le Pouvoir en place n’a pas su transgresser les codes du moment, ni su contraindre, obliger les privilèges devenus archaïques à s’effacer. Tous nous continuons de le payer très cher. Aujourd’hui cette « faim » insatiable d’obtenir toujours plus et
toujours plus loin a fait perdre à certains le sens même de la réussite de leur propre existence. On ne décrète pas le bonheur en l’achetant par quelque moyen que ce soit.

Un vieil adage français dit: « Gouverner c’est prévoir ». La gouvernance de chacun sur lui même et ses prévisions sur l’avenir devraient faire comprendre qu’il y a des transgressions potentiellement lourdes de terrifiants malheurs.

A tous j’aimerai rappeler que le « moi-je » sans réflexion en profondeur, sans repères ni limites pourrait entraîner une destruction identitaire d’un pays qui ne vivrait que dans le libertaire sous toutes ses formes.

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