11
jan 2015

Je me souviens avoir aperçu avec la Princesse Micaela, au Brésil, une  centrale atomique rongée par la mousse et envahie de lianes. Le  ouistitis en avaient fait leur royaume. Cette carcasse de béton  n’avait jamais été utilisée. L’énergie hydraulique suffisait déjà  largement aux besoins de ce pays-continent. Il n’empêche que ce  projet avorté, dont on se gausse encore, a englouti des sommes pharaoniques qui auraient été mieux employées ailleurs.
Tout le monde a, également,  en mémoire la catastrophe écologique  générée par le barrage d’Assouan. Les ingénieurs russes, en voulant  réguler les crues du Nil, ont privé la haute Egypte des limons qui  fertilisaient les terres inondées et les bancs de sardines de  l’estuaire n’ont plus trouvé les nutriments nécessaires à la vie. Les  terres se sont donc appauvries on y a déversé engrais et pesticides  et ainsi détraqué une chaîne écologique qui s’était perpétuée durant  des millénaires. Les sardines se sont évanouies dans l’onde à la  recherche d’autres sources nourricières. La misère du  »fellah  » s’est depuis aggravé.
Je voudrai vous conter une autre aberration due, celle-ci, à la  cupidité des entreprises du Bâtiment et Travaux Publics, peut-être  aussi conjointement à celle de certains édiles locaux, je veux parler  de l’aéroport construit au milieu du néant, sur des terres agricoles  et forestières et qui ne sera jamais utilisé, car pour atteindre la  capitale, Madrid, ou la grande agglomération de Valence il aurait  fallu tracer des routes, allonger des lignes ferroviaires, bâtir  hôtels et restaurants, en fait saccager un peu plus cette belle terre espagnole.
Jusqu’à nos jours nous n’avons jamais vu un aéroport se construire  sur les sommets rocheux d’une montagne, mais oui dans la plaine et  plus elle est fertile plus le gâchis est considérable et irrémédiable.
A l’origine l’idée était de désengorger le trafic aérien aboutissant  à la capitale. L’intention pouvait être louable. Mais la crise est  survenue, elle est présente. Le taux de remplissage des aéronefs ne  cesse de plonger vers le niveau de la soute à bagages et le coût du  projet est devenu tellement prohibitif qu’il a du être abandonné,  mais l’aéroport est toujours là, inutile et vide et la terre est morte.
Dans les temps anciens construire des monuments, qu’ils soient  Pyramides, Parthénon ou Machupicchu, avait un sens, celui du sacré  qui dépasse parfois l’entendement de certains de nos contemporains et  notre guide égyptien d’ajouter : » on ne peut créer de la beauté que  si l’on est libre, ce ne sont pas les esclaves qui ont bâti les  Pyramides sous le fouet « . Mais quelle liberté? Non pas celle de se  faire valoir mais celle d’une réflexion profonde avant de savoir ce  qui est juste.

De nos jours certains édiles désirent laisser trace de leur passage,  non plus sur terre, mais dans l’éphémère d’un pouvoir passager. Or ce  lamentable égocentrisme, ou cette vanité a un coût et ce sont les  citoyens qui payent tribut pour cet aéroport du « no mans land »

Plutôt que de cultiver leur égo pour un passage limité dans le temps,  ne devrions nous pas tous comprendre cette Nature nourricière. Dans  la Genèse celle-ci est confiée à notre humanité, et « Celui que l’on  ne nomme pas » dit à l’Adama que nous sommes vous connaîtrez et vous  nommerez. Nommer ne veut pas dire sacrifier arbitrairement les  ressources de notre belle planète dont nous sommes supposés détenir les clefs.La voracité et l’appât de l’argent a fait oublier a beaucoup d’entre  nous l’importance de maintenir cette richesse d’une terre confiée,  oubliant de ce fait les agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs et  tous ceux qui par leur travail devraient permettre aux humains ainsi  qu’à tout ce qui vit de survivre en harmonie.

Et le futur aéroport de Notre Dame des Landes ? ………….

Laisser un commentaire