12
mar 2016

L’Héritage est un passé qu’il faut transformer en avenir. L’avenir se construit dès maintenant. Il est fondé sur la connaissance du passé, la compréhension du présent. C’est une construction de tous les instants, une connaissance de tous les paramètres qui composent la France, notre pays et ses connections avec le monde: l’Histoire, la géographie, la géologie, les climats, la flore et la faune; mais le plus important ce sont les êtres humains, ils pensent, ils agissent, ils construisent ou détruisent, ils souffrent ou sont heureux!

Connaître tous les courants de pensées qui furent et qui irriguent encore la France, qui poursuivent leur chemin contre vents et marées parfois dans leurs pires excès, mais aussi dans l’amour pour ce pays, notre Patrie. Bref cette connaissance ne peut être seulement livresque, elle demande d’être aiguisée sur la pierre du terrain et approfondie pour être confrontée à la réalité et ainsi permettre de comprendre et aimer ces peuples de France, si attachants, divers, parfois bien complexes. Cette quête ne s’arrête jamais car tout évolue… c’est la Loi de Nature. Le destin, je dirais plutôt la mission d’un Prince de France et à fortiori celle du Chef de la Maison Royale de France, est de devenir l’exemple exemplaire dans cette symbiose avec les peuples de France, afin de lui permettre, si un jour c’est son destin, d’assumer l’équilibre nécessaire entre le passé -la tradition- le présent et l’avenir -la modernité-.Un Prince de France ne peut choisir l’avant contre l’après, l’ancien au dépens du nouveau. Il n’opte jamais pour une France contre l’autre, il ne l’a jamais fait.

Voudrait-on que nous abandonnions le principe de notre mission, que nous délaissions le souci de tous pour vaquer au confort de quelques-uns? Que nous négligions les aspects de l’Histoire qui incommodent? Que nous refusions d’entendre les questions douloureuses qui sont posées, aujourd’hui comme hier à la France et aux Français? Notre mission n’a pas changé, répondre à l’espérance de justice, traduire les exigences de la dignité, accompagner les conquêtes que l’énergie de tous comme les intérêts particuliers mènent à travers le temps en rappelant aux Français, perpétuellement, les devoirs dont ils sont investis dans leurs responsabilités vis à vis de notre communauté la France. Tenir lieu de témoin et de médiateur au titre de la Royauté de l’Homme, celle de chacun. Difficile et merveilleuse exigence qui, au lieu de les rabaisser à des proportions néfastes, leur rappelle leur lien avec notre Créateur à tous! Bien des gens attendent du Chef de la Maison Royale de France une « action », un engagement sous entendu politique. Je me remémore les paroles d’André Malraux: « L’avenir sera Spirituel ou ne sera pas… » La politique politicienne ne peut donc être la voie Royale, mais seule celle qui se fonde sur des valeurs éthiques, des valeurs d’espérance, celles que notre civilisation a toujours prônées depuis Platon et qui, à partir de Clovis sont devenues chrétiennes. L’éthique n’a rien de commun avec le religieux et dans notre modernité, il ne faut pas mélanger les croyances religieuses qui relèvent de chaque conscience avec l’éthique qui devrait concerner tout un chacun. C’est pourquoi la séparation de l’Etat d’avec l’Eglise, d’avec TOUTES les confessions est gravée dans la Loi de 1905. Elle est nécessaire et suffisante et rejoint l’injonction du Christ : »rends à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Lui… » En revanche la dérive laïque actuelle, qui devient une religion nihiliste obligatoire d’Etat, poursuivant les uns et favorisant les autres, est une terrible et grave erreur politique qui divise la France et qui ne l’unit plus, car elle encage tout un chacun dans un communautarisme obligé.

Quelque soient les siècles et les moments les Français ont toujours souhaité une liberté, une véritable liberté. Les Princes de France sont au service du bien commun, de la Chose Publique, en latin la Res Publica, et en particulier au service des plus pauvres mais aussi des jeunes. Toute une génération est en train de se réveiller, en attendant ils veillent, ils devraient pouvoir être actifs et engagés dans la vie de la cité. Ils savent, parfois inconsciemment, que l’argent et le pouvoir ne sont pas un but en soi, mais un moyen pour construire; Si le chef de la maison Royale de France comprend sa mission, s’il épouse son destin, il doit savoir qu’il détient un atout majeur, celui de la Légitimité qui ne s’éteindra pas à son décès, car cette légitimité se transmet selon les Lois Fondamentales du Royaume de mâle en mâle par primogéniture, ou au plus proche mâle de la même manière et jamais par les femmes selon la Loi Salique. C’est ainsi que depuis Hugues Capet, tous les Rois de France furent Français de souche et aucun immigré Anglais ou Espagnol qui obtiendrait la double nationalité ne pourra régner sur la France et, à fortiori, s’il descend d’un dictateur espagnol ou des Bourbon par les femmes. Les Lois Fondamentales du Royaume, en outre, ont prévu, lorsque le Roi est trop jeune ou dans l’incapacité de régner, de désigner son plus proche parent comme Régent entouré d’un Conseil de Régence. Souvenez vous de Saint Louis partant aux croisades et confiant la Régence à sa Mère Blanche de Castille, ou encore Louis XV, Roi à six ans, qui eut son Grand Oncle Philippe d’Orléans, plus connu sous le nom de Régent. Les titres importent peu car la mission doit être effective.

Il se peut qu’elle soit rude dans les temps nouveaux à venir, encore plus rude qu’aux siècles précédents, car les temps présents ont déjà planté leurs racines dans un terreau diabolique: la science, la technologie, la machine prend le pas sur nos âmes et dirige nos consciences, nos pensées et nos actes. Montaigne disait: »science sans conscience n’est que ruine de l’âme! » à fortiori lorsqu’elle bouscule et détruit la Nature, l’oeuvre de notre Créateur. Tenter d’avancer en regardant dans le rétroviseur du passé serait tout autant et dramatiquement une erreur. L’Homme est un être grégaire, or depuis des décennies l’être humain est de plus en plus isolé, seul, face à son ordinateur, à son i-phone, marchant sourd et aveugle dans la rue, au risque de se faire écraser, devenant peu à peu insensible à ceux qu’il côtoie ou à son environnement et bientôt robotisé par ces ondes qui endommagent le cerveau et abolissent toute capacité de décision, dictées par le « Grand Ordinateur » ou par des sectes dont la multiplicité achève de troubler la réflexion dont il devrait être le maître, sans oublier la mondialisation forcée et contraignante de notre planète qui dicte aveuglément nos comportements sans que la plupart en soit conscient.

Notre monde est déjà sur la pente menant au chaos. Les résultats pourraient être très graves et la Nature, toute la Nature y compris les animaux théoriquement sous notre protection -mais rares sont ceux qui sont conscients de cette responsabilité- oui toute la Nature commence à souffrir et à se révolter… Pourtant depuis peu nous sommes entrés dans l’ère du Verseau, succédant à l’ère du Poisson. Il n’est pas inintéressant de se rappeler que le Christ était dans les temps antiques représenté par un poisson! Le Verseau, signe d’air, symbole de l’esprit est le temps de l’Esprit Paraclet! Les consciences se réveillent en effet, encore faut il qu’elles sachent où se diriger, quelle est la responsabilité qui leur est dévolue et le chemin à suivre.

D’aucuns se réclament de leur athéisme et s’en enorgueillissent… mais où cela les mène-t-il? Rappelons que dans la Grèce antique, Prométhée se voulut dieu au dessus des dieux, la voracité de son désir le condamna à une impitoyable autodestruction. La Dynastie des Princes de la Maison Royale de France demeure, pour l’instant, avec moi cette humble lumière qui tente d’éclairer l’avenir, de soutenir tous ceux qui veulent construire un monde nouveau, viable, apaisé et juste. Peut-être prêchons nous dans le désert mais toute graine semée germera un jour si la terre de France le veut. C’est la seule et unique raison qui me pousse à marcher la tête haute sans hésitation, car je ne suis ni de gauche ni de droite, ni d’en haut ni d’en bas. Je suis d’Ailleurs! Et mon coeur est aux Français et mon âme à la « Fille Ainée de l’Eglise, la France.

Homme parmi les Hommes, je souhaite que beaucoup d’entre nous comprennent l’importance de leur prise de conscience. Je souhaite de tout mon coeur et de toute mon âme à ceux qui ne sont pas aveuglés par de fausses apparences qu’ils puissent tourner leurs regards vers Celui qui les a fait naître.

Henri Comte de Paris Duc de France

11 Mars 2016

7 Comments

  1. Guy Adain mars 12, 2016 9:29

    Monseigneur,
    L’horizon semble bouché, l’avenir ne paraît pas très rose, et le serait-il on s’en méfierait…
    Cette couleur s’étant montrée décevante ces temps-ci…
    Philippe le Hardi disait déjà à son père : Père, gardez-vous à droite, Père gardez-vous à gauche…
    Droite ou gauche, voilà bien deux directions qui ne nous enthousiasment guère et leurs extrêmes encore moins…
    Grâce à Dieu, vous êtes d’ailleurs !
    Et c’est vers cet ailleurs que nous aimerions vous suivre!!!

    • Unefilledupeuple mars 15, 2016 11:33

      Merci cher Monsieur Adain pour votre (toujours) très juste regard.

      Je lis et relis son texte si riche de pensées que seuls la conscience, l’intelligence, le coeur d’un Roi peut avoir. Uni à tous, son regard ne néglige aucun aspect de notre réalité commune.
      Monseigneur est un Cadeau Royal du Ciel, dont la France sacrifiée par la république sur l’autel du mépris de notre Histoire, de notre dimension humaine chrétienne qui seule nous permet d’évoluer dans les Pas du Fils de l’Homme, aurait tant et urgemment besoin. Faudra-t-il que nous soyons complètement mis à genoux pour que son règne advienne … ? C’est bien possible.
      Cela dit, si petit soit encore notre nombre à le connaître et reconnaître, j’ai bon espoir que notre désir de l’avènement de notre grand Roi Henri VII sur le Trône est notre prière que le Christ entend. Notre cause unie à la Sienne.

  2. Bernard Bonnaves mars 13, 2016 3:36

    Voici quelques rappels opportuns du Chef de la Maison de France.
    Avec notre fidélité.
    Bernard Bonnaves )I(

  3. HAUGMARD mars 15, 2016 4:32

    Entièrement d’accord avec cette lettre que je découvre et suis persuadée que la France paye son régicide et que seul, le retour d’un Roi sur la France, l’apaisera et règlera un certain nombre de problèmes existentiels d’aujourd’hui, notamment celui de l’identité.
    De plus un Roi se forme depuis son plus jeune âge à régner, alors que les présidents et leurs cliques n’ont pour horizon que leur réélection et leurs prébendes.

  4. Unefilledupeuple mars 15, 2016 4:42

    1 Comments

    Guy Adain mars 12, 2016 9:29

    Monseigneur,
    L’horizon semble bouché, l’avenir ne paraît pas très rose, et le serait-il on s’en méfierait…
    Cette couleur s’étant montrée décevante ces temps-ci…
    Philippe le Hardi disait déjà à son père : Père, gardez-vous à droite, Père gardez-vous à gauche…
    Droite ou gauche, voilà bien deux directions qui ne nous enthousiasment guère et leurs extrêmes encore moins…
    Grâce à Dieu, vous êtes d’ailleurs !
    Et c’est vers cet ailleurs que nous aimerions vous suivre!!!

  5. AUDREN DE KERDREL mars 17, 2016 12:32

    Monseigneur,

    J’ai de plus en plus de mal avec les longs discours. A l’heure du tout numérique et de la rapidité et de la vitesse, il est vrai que je suis pris moi-même dans l’engrenage et j’aime plus désormais lire les Tweets sur Twitter et Posts sur Facebook qui permettent de lire rapidement, une opinion, une position. Je ne suis pas encore au fait de toutes ces techniques modernes et je tâche de ne pas me laisser dépasser.

    Ceci dit j’ai toujours beaucoup de plaisir à vous lire et votre parole, même si je ne suis pas toujours d’accord avec vous, est importante. Vitale même. Je la considère même comme absolument nécessaire, notamment à ce moment de notre histoire où l’élection présidentielle va prendre le pas dans l’esprit de la société sur toute autre forme de réflexion.

    Moi qui suis un socialiste et un royaliste convaincu – les deux ne sont pas incompatibles – je considère que c’est là, maintenant, le moment où ce pays aurait besoin de changer de régime. Il a absolument besoin d’un chef d’Etat au dessus de tous les partis, il a absolument besoin de plus de démocratie, d’un véritable régime parlementaire dont le Premier ministre serait élu par ses pairs et désigné p

  6. AUDREN DE KERDREL mars 17, 2016 12:44

    (Désolé, mon petit doigt a tapé sur la touche où il ne fallait pas)
    … et désigné par vous, roi couronné. Je crois profondément au fédéralisme de nos régions et c’est pour cette raison que j’apprécie à sa juste mesure le terme que vous employez dans votre texte « les peuples de France » aussi chers à mon coeur que les langues qui la composent. J’aime que vous revendiquiez cette laicité qui nous permet à tous de croire ou de ne pas croire dans le respect d’autrui. Quant à la nature, l’environnement, la situation est tellement dramatique, que je m’étonne toujours que nos gouvernants de quelque nature qu’ils soient n’écoutent pas plus Pierre RAHBI ou Lydia et Claude BOURGUIGNON pour ne citer qu’eux.
    Non, Monseigneur, vous faites erreur, nous ne sommes nullement sur la pente qui mène au chaos, nous sommes justes aveugles, sourds et muets, face aux périls qui nous assaillent et dont nous avons conscience, il faut juste que nous nous décidions à nous lever et qu’enfin nos bien chers élus de la sacro-sainte République une et indivisible puissent permettre à nos concitoyens d’être plus libres, plus autonomes, plus responsables. Et vous savez bien que pour un breton comme moi, l’autonomie est importante.
    Bien à vous,
    Emmanuel AUDREN de KERDREL

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