09
juil 2015

Je ne me souviens plus du nom de celui qui a dit :  » Liberté! que de crimes n’a t-on commis en ton nom?  » La Révolution Française nous a apporté, dit-on, la liberté. Mais quelle est la signification de ce mot? Serait-il le « fait ce que voudras » inscrit sur le fronton de l’Abbaye de Thélem, si chère à Rabelais? Et qui se traduit de nos temps par le rejet de toutes contraintes, débouchant sur la loi de la jungle, celle du plus fort? Les Encyclopédistes nous ont fourni  » la lumière « , une certaine vision du monde, fondée sur la Raison érigée en dogme. Leur pensée matérialiste, anthropologique, les a poussé à considérer l’intériorité humaine comme un champs à cultiver et dont il faut savoir engranger les fruits.

Plus question, ici, du paramètre âme, cette dimension, cette étincelle de Dieu en nous, qui n’a jamais pu être prouvée scientifiquement, mais que certains d’entre nous ont su reconnaître en eux.Ce champs, disaient-ils, est passif, irresponsable par nature, il faudra donc indiquer aux humains les comportements nécessaires à leur bien être, pour leur bonheur. La liberté comme la joie ne peuvent s’acquérir individuellement, tout deviendrait chaotique à les écouter. Il fallait donc les leur imposer collectivement par la force de la loi et au besoin par la terreur. Influencé, peut être, par les écoles de pensée de la jeune République des Etats de l’Union outre-atlantique, Claude Henri Comte de Saint Simon va plus loin. Il convient nous dit-il de supprimer toute variable, source d’imprécision scientifique et d’incertitude dans la construction de l’humanité. Seules la certitude scientifique et son application technique fourniront les moyens d’ordonner le chaos, cause de déséquilibre. Tout devra être jugé en fonction de l’efficacité et seule l’efficacité pourra en juger…

Pour notre humanité, il ne saurait exister qu’une seule fin, un seul but quantifiable, le bien être pour tous, global. Il faudrait donc éliminer tout autre choix qui perturberait la recherche de cet objectif. Le monde de la politique est complexe et évidemment difficile à contrôler. Il devra disparaître peu à peu, remplacé par l’administration des choses selon des méthodes éprouvées scientifiquement. On en arrive à cette aberration logique de ne plus voir de différence entre un programme de gauche ou de droite, puisqu’il n’existe qu’une seule méthode économique pour rendre théoriquement le monde matériellement heureux.

A partir de là, le pouvoir sera détenu, dans sa réalité par les seuls individus qui seront compétents et économiquement corrects. Ce sont les technocrates et les banquiers… Quant au profit il devient le suprême bonheur de cette nouvelle caste. Cette conception de la gestion du monde, planifiée et lisse, globale et souveraine est la nouvelle idéologie que nous subissons aujourd’hui, un forme de dictature technocratique, un totalitarisme mondialiste qui se disent démocratiques. Ainsi notre monde, nos sociétés sont poussés vers l’abîme de l’absurde. L’impératif de l’efficacité, du politiquement correct, efface de la mémoire programmée les justes aspirations de l’être humain, les joies de la famille, les espoirs des communautés, comme les réalités d’une nation, d’un pays et de toutes ses composantes.

Dans l’Histoire, comme dans la vie de tous les jours, il est pourtant une leçon d’humilité qu’il faut sans cesse se remémorer: rien n’est inéluctable, rien n’est définitif et toute construction humaine est par définition appelée à disparaître parce qu’il sera toujours donné à l’homme et à notre humanité la possibilité d’un choix autre… La Grèce est aujourd’hui confrontée à ce choix: ou bien rester dans l’euro, dans l’Europe et mourir asphyxiée par sa dette qu’elle ne peut ni ne pourra jamais rembourser, ou tenter de vivre autrement en sauvant l’âme d’une antique civilisation qui nous a tant apporté et qui peut, dans un sursaut possible, continuer à demeurer un phare. Faire volontairement le choix de sacrifices qui ne soient pas imposés par des technocrates irresponsables, me semble une démarche acceptable par tous . Nous savons bien que toute dictature déteste demander l’avis du peuple. Et si par inadvertance elle le demandait par référendum, elle passerait outre si la réponse n’était pas conforme à ses voeux. C’est ainsi que fut adopté le traité de Maestricht que le peuple de France avait refusé… un déni de démocratie. Aujourd’hui la Grèce attire notre attention sur les méfaits des technocrates. Par delà la dette qui plombe toutes les économies d’Europe, il devient nécessaire de trouver des solutions qui soient acceptées par tous les citoyens…

Car deux dangers nous guettent. Le premier est la mise en esclavage de l’Europe par les USA, par le truchement du traité de libre échanges transatlantique qui se concocte sous la houlette des technocrates de Bruxelles, sans même demander l’avis du parlement de Strasbourg… Ce traité aurait pour conséquences de livrer toute notre économie, toute notre culture, tout notre savoir faire entre les mains et le bon vouloir de la justice américaine. Nous serions obligés de subir l’esclavage des OGM, de la mal bouffe, ainsi disparaîtrait notre culture et les coutumes propres à nos régions. Sans oublier les grandes oreilles qui surveilleraient chacun de nos faits et gestes, jusqu’à nos pensées intimes…Le second danger créé de toute pièce par « l’Empire » est le réveil d’un islam fou, comparable à ce que l’Europe a déjà vécu sous la botte SS des régiments Das Reich : la cruauté, la barbarie, l’abominable implacabilité. L’Europe demeurera toujours bancale si l’on n’envisage pas, également, de la reconstruire de l’Atlantique à l’Oural, dans le respect de l’identité de chaque peuple, avec des instances supérieures, démocratiquement élues, dont la mission ne serait pas de gouverner à la place des peuples, mais de réguler un élan construit en commun et non un « marché » et ce afin d’éliminer toute tension possible.

Ne jamais oublier que l’Europe est une très vieille civilisation composée de femmes et d’hommes ayant une culture chrétienne commune aux identités différentes, ce qui en fait sa richesse. L’avenir à construire ne peut être celui des banques ou des technocrates qui doivent être contraints de demeurer strictement au service du politique. Alors l’art de la politique ne serait-il pas de trouver le juste équilibre entre les contraires pour harmoniser la société, dans le respect des libertés de chacun afin de rendre la progression de notre humanité moins chaotique et plus heureuse. Nous serions alors bien loin de la gestion des choses.

Henri Comte de Paris

P.S: Je souhaite à tous les amis qui me suivent de bonnes vacances!

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