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mai 2015

La tradition est la transmission de constantes universelles et éternelles qui constituent la nature permanente de l’Homme dans sa mission sur terre et dans le voyage qu’il choisit de faire ici bas. Elle traverse l’Histoire et la diversité de nos cultures, nous obligeant à remettre perpétuellement en question l’interprétation – qui ne supporterait pas de demeurer figée- de ses valeurs. La tradirion est ainsi la conscience vécue ici et maintenant des sources et des voies vitales et spirituelles de l’humanité. Elle n’a rien à voir avec le grand chambardement que l’on tente de nous imposer par des lois sociétales ou par une énième réforme de l’enseignement qui seront appelés à s’effondrer dans leur néant tel le « colosse aux pieds d’argile ».

La tradition comporte ainsi la nécessité de savoir décanter le passé de ses formes révolues, pour le vivre au présent dans sa nouvelle adéquation. En effet la loi de l’évolution et non celle de la révolution et des idéologies qui en sont issues, est inscrite dans la spirale de notre ADN tout comme elle l’est dans la croissance de toute société qui se veut structurée. Dotés d’intelligence, il est demandé aux êtres humains de progresser dans la connaissance d’eux-même et dans le respect de leur environnement dont ils devraient être responsables, non seulement pour eux, mais vis à vis des générations futures.

La connaissance ne devrait pas être seulement livresque ou intellectuelle, sinon l’être se dessèche. Alors le mépris, l’orgueil et la haine s’installent et l’on devient semblable à un figuier sec, sans pouvoir porter de fruits. Il faut que notre coeur participe à la connaissance et que celle-ci puisse ouvrir et développer ce qui est dans la possibilité de chacun, dans une compréhension de ce qui peut ou ne doit pas changer. Le rôle de l’Etat, quel qu’il soit, est d’aider à construire, non à détruire notre civilisation qui a mis plus de mil an à se bâtir. Nous savons tous nous mouvoir sur un plan horizontal, mais il nous est proposé, à tous, encore plus: apprendre à progresser tout au long d’un axe vertical. Croître dans la connaissance comme un arbre vers la lumière, car la vie est un espace temps fondamentalement court dont on ne prend conscience que trop tard. Pas de temps à perdre!…

Croître comme une plante qui, chaque printemps, pousse ses tiges vers le haut. ainsi la connaissance nous rapproche de ce point qui est à l’infini et que certains appellent notre Créateur, pour trouver notre chemin. C’est pourquoi l’enseignement et l’éducation sont si importants, car ils permettent aux enfants, bourgeons d’une fleur en devenir, de se passionner pour ce qu’ils ne connaissent pas encore. L’enseignement comme l’éducation sont, même, indispensables à la cohésion et à fortiori à la survie de toute société. Apprendre c’est pouvoir acquérir assez de force mentale et même physique pour être capable d’affronter la vie et de construire ce dont chacun aura un jour à rendre compte.

C’est au sein des écoles, lycées, académies que se forment les élites, à chaque niveau, à tous les niveaux: artisans, agriculteurs, artistes, ouvriers, commerçants, fonctionnaires, bourgeois ou grands patrons… Nonobstant il existera toujours des cancres comme des génies, des incapables ou des débrouillards. Tricher avec le curseur d’un élitisme pseudo-laïque dans un égalitarisme par avance destructeur, c’est condamner des générations à un obscurantisme dévastateur. Hélas elles ne le découvriront que trop tard. Ne serions nous pas gravement coupables de détruire dans l’oeuf les capacités de bon nombre d’élèves qui, à chaque niveau, comme à tous les niveaux cherchent l’excellence, dans ce qui les intéresse et ce pourquoi ils désirent apprendre. L’égalitarisme lourdement accompagné par une volonté effrayante de vouloir réduire au plus petit commun dénominateur serait une castration inadmissible, car chacun, d’où qu’il vienne ou quel qu’il soit, a des qualités à développer dans le sens qui lui est personnel.

Quant à cette pseudo « novlang », inventée pour masquer un changement de civilisation, et tout ce jargon abscon, cela devient semblable à celui dont le Grand Molière se moquait déjà dans les « Précieuses Ridicules ». Certes notre langue n’est pas morte, elle s’enrichit parfois par des mots inventés par les jeunes générations, avec bon sens et humour tels que « galèrer », « blase », avoir du « blé », faire la « bringue », mots qui désormais font partie de notre vocabulaire comme « gavroche », inventé en son temps par Victor Hugo… Les nouvelles Précieuses Ridicules veulent « faire moderne » comme « faire France », alors elles enlèvent les pierres qui pavent la voie pour que les pauvres petits ne s’estropient pas, sans se rendre compte que le chemin se transforme en marécage et que le cher petit refuse d’avancer et continue à s’enfoncer dans la vase. Enseigner est une mission qui suppose une véritable vocation, l’émerveillement de pouvoir transmettre un savoir qui ne peut être simplement livresque a des jeune parfois angoissés et déroutés par des découvertes, les quelles, si on n’arrive pas à les rendre vivantes, au lieu de les aider à s’enrichir, risquent au mieux de les ennuyer et au pire de les révolter.

Qu’ils soient nés en France ou immigrés, les enfants doivent avoir pour priorité l’apprentissage de la langue du pays où ils vivent ainsi que celui des us et coutumes de cette terre où ils sont. Cela commence par apprendre à lire, à écrire et par savoir compter. Enfant on m’a enseigné à découvrir qu’en Chine, fais comme les chinois!… Pour se lier d’amitié il faut pouvoir se comprendre, ce n’est pas seulement parler la même langue, c’est également connaître les origines, les racines du pays jusque là étranger. Enfants, nous éprouvons tous, souvent, une sorte de dédain alimenté par une paresse bien réelle. Je fus de ceux là, jusqu’à ce que j’ai pu comprendre l’importance magique de ce qu’un bon enseignement m’apportait, comme si tout à coup un miroir me permettait de découvrir tant de choses que la vie peut offrir.

Aujourd’hui des gouvernements successifs, voulant démontrer leur pouvoir à n’importe quel prix sont dépourvus de bon sens et de connaissance des peuples. Ils essaient de renverser des civilisations millénaires qui ont su construire progressivement des savoirs, la Connaissance. Les professeurs, eux-mêmes,sont perturbés. Il faut les comprendre, les aider et les soutenir dans ce qu’ils tentent de faire au mieux. Certes les outils dans l’enseignement ont changé depuis l’époque du tableau noir et de la craie. Il faut donc savoir apprivoiser ces nouvelles technologies de communication, mais ne jamais oublier que l’outil n’est que le prolongement de notre corps et de notre esprit. Ne nous laissons jamais dominer par l’outil aussi magique et fabuleux semble-t-il. Le grand mystère de la vie, c’est l’amour du travail bien fait, le don de soi et le don à autrui. C’est redonner un sens, une valeur à la vie.

La valeur ne réside pas dans une quantité, ni ne sera une marchandise, elle est la qualité de celui qui oeuvre et qui sait donner en partage. C’est un échange contre un don et c’est la finalité d’une éducation et d’un enseignement juste. Dans la leçon que nous apporte la Tradition, nous savons que nous sommes tous « enfants » de Dieu, quel que soit le nom que chacun lui donne ou ne lui donne pas.Tuer, détruire apporte certes une fausse adrénaline qui peut nous conduire dans une sombre impasse. Aimons nous les uns les autres et souhaitons que tous les gars du monde puissent se donner la main.

5 Comments

  1. Alexandre de La Cerda mai 24, 2015 12:28

    Magnifique. Je ferai porter votre voix de sagesse jusque dans notre lointain royaume de Navarre (dont avaient hérité vos ancêtres), sur la page hebdomadaire de mon bloc-notes dans « La Semaine du Pays Basque »…

  2. Guy Adain mai 24, 2015 2:33

    Précieuse, elle l’est, elle nous est précieuse, c’est sûr !
    Nous sommes fiers d’elle pour son parcours, pas pour son discours ..!
    Elle est Précieuse et Ridicule comme il se doit !
    Sans doute est-elle sincère et croit à son discours.
    Sans doute devrait elle moins écouter ses « faux amis » et se tourner vers ceux, qui sans la critiquer, ressentent autrement …!

    De toutes les déclarations publiées, en est-il une autre semblable à celle-ci ?
    En est-il une autre qui rappelle que nous sommes tous « Enfants de Dieu » et qui nous engage comme dans la chanson, à nous donner la main ?

    Et si nous lui faisions parvenir le billet de notre Prince ?

  3. richard alain marsaud de labouygue mai 25, 2015 8:50

    Précieuses ridicules, certes, que tout cela est bien résumé et bien vu, sans détours ni langue de bois .Si Renan a pu dire: »l égalité est l’erreur théologique par excellence » le petit homme se prend toujours pour Dieu! et sa main cause souvent sa perte. Tandis que nous essayons de sortir du labyrinthe des errements sectaires et partisans où nous ont empêtrès les révolutions criminelles, des pans entiers de civilisations s’effondrent , aussi avant qu’il ne soit trop tard rappelons nous de cette magnifique devise gravée- je l’espère encore- sur un des piliers de la chapelle du XII ème siècle du CRAC des Chevaliers :  » Aie la richesse, Aie la sagesse et que la beauté te soit donnée, mais défie toi de l’orgueil qui ternit tout ce qu’il approche.  »
    SIT TIBI COPIA
    SIT SAPIENCIA
    FORMAQUE DETUR
    INQUINAT OMNIA
    SOLA SUPERBIA
    SI COMITETUR.

  4. Ribus juin 6, 2015 10:02

    Le sujet de la réforme des collèges est important en effet, mais dans l’actualité récente, il y a un autre scandale qui est celui de la « sculpture » de M. Kapoor intitulée  » le vagin de la Reine » et installée avec l’autorisation de Mme Pegard dans les jardins de Versailles.

    « Cette « oeuvre » abjecte fait partie d’une exposition qui sera inaugurée le 8 juin. J’estime que cela justifierait de votre part, Monseigneur, une prompte réaction.

  5. fabrato juin 8, 2015 1:26

    Bien le bonjour mes frères et soeurs .
    Comme je l’écrivais sur l’ un de mes e-mail nous vivons et subissons pour la deuxièmes fois la vénération au veau d’or .Mais cela mondialement ,non seulement cette vénération est un fait mais nous vivons aussi celui de babelle .Le mondialisme veut une seule langue parlé mondialement et comme pour la construction de la fameuse tour une seul langue , un seule gouvernement .Une seule nation qui gouverne les nations .Mais le seule âge d ‘OR n’ était-ce pas celui ou l’or ne régnait pas ?. Nous nous nourrissons nous les pays riches à outrance des bienfaits de la terre .Et cela pour nôtre petit passage ici bas ,le problème c’est que nous mangeons, buvons du poisons fabriqué par de grosses compagnies agroalimentaires. ce dont nous mangeons tout une vie la terre mange l’homme en une bouchée. Nous vivons sous une ombre qui nous empêche de voir la lumière et nous nourrissons d’image . Et de rajouter :Le malin d’une main ténébreuse nous couvre d’une ombre infernale de ténèbres et de l’autre main il nous nourri d’images et d’ utopies . Nous nous disons être des hommes oui peut être fougueux certes mais insensé certainement de par nôtre férocité .Quand donc deviendrons des hommes sages par la raison et la vertu . Être un homme n’est pas facile , depuis que celui-ci à divisée son amour il est descendu dans le crime , et dans les ténèbres . Quand l’homme deviendra t’ il sage et qu’il sera empli de sagesse . Quand donc de par sa sagesse et ses vertus l’homme sans se fatiguer atteindra-t’ il la lumière de vérité .

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