05
fév 2016

Construire sur un rêve, cela aurait pu être magnifique. Mais lorsque le rêve oublie que toute civilisation n’a pour bâtit que « l’Homme-brique » (1) et pour ciment l’Amour et l’Espérance, alors le rêve vire au cauchemar. La Tour de Babel est l’exemple symbolique de l’orgueil de l’humanité, l’avertissant de son opacité qui pourrait l’amener progressivement à son autodestruction. C’est ainsi que la gouvernance chaotique de l’Europe est en train de devenir une machine diabolique qui ne sait plus où elle va, tandis que nous sommes confrontés à une conjoncture dramatique tant humaine qu’économique,
financière et terroriste et nous nous retrouvons sur un bateau ivre sans capitaine et sans gouvernail !…

Plutôt que de remettre en cause l’âge du capitaine, la rénovation de l’Europe devrait consister à s’adapter au présent tel qu’il est, en précisant clairement les buts à atteindre en urgence et savoir élaguer impérativement tout ce qui pourrait nuire à cette démarche.

La preuve semble malheureusement faite qu’une Europe économique sans régulation concertée n’existe quasiment pas, puisque les décisions
sont prises par des instances non élues, coupées de la réalité du terrain. Il faut donc cesser de se bercer de l’illusion qu’une option « tout libéral » aurait un sens concret. Le concept d’économie mixte serait un meilleur outil en ce qu’il suppose le rôle des Etats complémentaire de celui de la libre entreprise, de l’organisation au service de la création productive par un dialogue et une négociation permanente et une écoute de ceux qui ont la volonté de créer. C’est un empirisme mariant l’initiative d’Etat et la liberté d’entreprendre qui, seule, pourrait nous sortir enfin d’un débat qui n’a d’autre sens qu’électoraliste et même mondialiste.

Un second préjugé doit tomber, celui qui distingue, ou même oppose abusivement le bilan social au bilan économique. L’Europe est celle des êtres humains en même temps que celle des biens, ce ne sont pas des marchés différents de celui de la consommation en biens commerciaux et celui des prestations en garantie sociale. Les charges de santé,d’éducation, d’impôts, les conditions de travail, sans oublier la sauvegarde de l’environnement figurent tout autant que le prix de l’énergie, des matières premières et de la main d’oeuvre dans l’enveloppe prise en compte par la productivité. Il faudrait donc s’accorder sur ce qui, raisonnablement et justement, convient à chacun et tendre vers des accords cas par cas, nous en sommes très loin, malheureusement.

N’oublions pas une autre évidence, en effet élever des barrières à l’envahissement des écrits, de la musique, des images serait à la
longue illusoire car le propre de l’Art est de n’avoir pas de frontières (ne pas confondre l’Art avec les migrants). Les considérations économiques qui affaiblissent la production d’oeuvres originales dans notre continent, par rapport à celles des régions anglo-saxonnes, ne sont que la traduction d’une carence qui pourrait être créative. Cette carence menace particulièrement la France. Il serait triste que notre pays, l’un des plus riche en patrimoine, ne
soit dans l’Europe à venir qu’une sorte de musée, une architecture paysagée, une lande touristique au milieu de laquelle, par intervalle, pousseraient quelques mégapoles ou technopoles avancées. Le remède est ici spirituel. N’oublions jamais que la France ne fait rien d’harmonieux au nom des seuls avantages matériels. C’est son faible et c’est son fort. Elle se nourrit de symbolique et ne sait bien tendre qu’à l’absolu.

En créant ce plus grand marché, nous avons donné la priorité au pouvoir du quantitatif, aux eurocrates sans mandat électif, aux
marchands et à leurs lobbies, évincent ainsi toute responsabilité au profit d’une caste dont la seule loi est l’efficacité et l’argent, au détriment des aspirations des êtres humains, le bien-être, la liberté de travailler et la paix véritable. L’ouverture des frontières intérieures décidée à Schengen a démontré le grave hiatus entre les problèmes internes réels liés au chômage, à la crise économique et financière, mais aussi à l’angélisme des gouvernements successifs qui confondent aide humanitaire avec l’invasion actuelle des migrants, elle même gangrenée par les salafistes (les chiffres non publiés font état de 20% des hommes valides). Pourtant il est évident que quatre pays de la Grande Europe, celle qui s’étend de l’Atlantique à l’Oural, sont directement concernés par la menace des terroristes salafistes. La France et la Russie sont en première ligne, l’Espagne et l’Italie immédiatement après, quant à la Grèce, sa faiblesse financière endémique me fait penser à un immense trou dans une digue, c’est un danger pour toute
l’Europe. Et ce trou devra très rapidement être colmaté. Les quatre pays européens que je viens de citer ont, depuis 1300 ans, l’avantage d’être en contact avec l’Islam. Mieux que d’autres et mieux que les Etats-Unis ils connaissent les paramètres engendrés par leurs voisins du sud. Le simple bon sens voudrait qu’un Etat Major, dans lequel ils seraient présents puisse définir une stratégie globale et établir une tactique commune qui puisse être proposée aux autres membres de la Communauté Européenne et les guider en ce sens. Afin d’éviter une guerre qui, à l’heure présente, semble inéluctable, il faut déjà préparer la paix. Il faudrait lancer un vaste plan économique et financier pour stabiliser les peuples du Moyen Orient, du Grand Magreb et d’Afrique sub-saharienne. Contrôler cette aide pour les pousser à développer leurs propres richesses, sans leur imposer de conditions, afin qu’ils puissent rester maîtres de leur destin.

Chacun de ces peuples a son propre génie, alors oublions toutes nos idéologies car il n’existe pas de loi concernant le politiquement correct et nous n’avons pas à distribuer des points de bonne conduite en matière de démocratie, commençons de balayer devant notre porte…

Il pourrait exister une autre façon de construire l’Europe de demain. Loin de moi quelque idée passéiste en la nommant l’Europe des Capétiens. C’est une vision créative d’une construction renouvelée, conforme aux structures de la vie telle que les biologistes ou les naturalistes nous la décrivent, fondée sur des valeurs immanentes et coutumières mais aussi sur le respect de chacun dans sa diversité, dans son identité et dans le souci du bien commun, celui de notre patrie souveraine. Cette dimension permet à chaque pays de conserver son identité, sa souveraineté pour additionner ces multiples différences dans une unité, devenue un en-plus, qui autorise alors cette liberté de réelle négociation face aux autres puissances
mondiales ou organismes multi- céphales contraignants tels le GATT, l’OMC ou-bien ce nouveau « traité de libre échange de l’Atlantique Nord » sorte de souricière dans laquelle le FMI et les USA aimeraient bien nous voir tomber.Ne nous laissons pas amener à l’abattoir, évitons de nous laisser entraîner pour le simple profit de la finance internationale afin de subir leur hégémonie. Souhaitons nous devenir uns sous préfecture du Saint Empire Romain Germanique, soutenu par l’autre grand Empire d’Outre Atlantique? Non n’est-ce pas?

Demeurons attentifs au souvenir de notre Histoire, de notre identité, de notre culture et n’oublions pas les liens puissants qu’avec d’autres pays d’Europe nous avons su tisser ensemble! Cette tradition a été forgée depuis plus de mille ans. Alors continuons de construire l’Europe des peuples et des cultures en se souvenant plus que jamais de notre patrie, Car il faut savoir tisser l’unité sur la trame de la diversité. Par delà les chapelles politiques, les
idéologies déstructurantes, les clivages économiques, il existe un ciment, une âme propre à l’Europe, une histoire commune, une éthique commune qui nous vient du Christianisme, quelque forme que ce ferment ait engendré par la suite, la racine demeure toujours intacte.

Toute politique se doit de s’adapter aux réalités du présent et prévoir l’avenir. Savoir Raison Garder c’est garder à l’esprit le sens du temps, court, moyen ou long terme. L’Europe qui fut notre passé est aujourd’hui notre chance si on la reconstruit afin qu’elle ne devienne pas la dictature de la Finance et celle des Marchands. Mon ancêtre Henri IV disait: « Dans les moments de crise les Français ont toujours su d’instinct créer du bonheur ».

(1)Dans le texte originel de la Tour de Babel – La Bible

Henri Comte de Paris

4 Comments

  1. Pingback: L’Europe deviendrait-elle une dictature s...

  2. Delta de la Lyre février 12, 2016 4:45

    Merci pour votre article plein de bon sens.
    Voici celui fait il y a quelques semaines :

    L’Union Européenne est une création des hautes oligarchies étasuniennes puis européennes

    http://www.choix-realite.org/8133/lunion-europeenne-est-une-creation-des-hautes-oligarchies-etasuniennes-puis-europeennes

    Meilleures salutations

  3. Delta de la Lyre mars 8, 2016 3:51

    « Ainsi Mervin King, l’ancien gouverneur de la Banque centrale anglaise, vient-il d’écrire un livre pour expliquer que les élites Européennes ont VOLONTAIREMENT créé une dépression en Europe pour briser la résistance des peuples à l’avènement d’un État Européen. »

    Transcription internet : Charles Gave
    Repris par Charles Sannat

    http://insolentiae.com/2016/03/07/pour-une-dissolution-du-peuple-par-charles-gave/

    Sincèrement,
    Delta

  4. Comte Michel de Gand mars 13, 2016 10:18

    Merci à S.A.R. pour cette sagesse de raisonnement. le Peuple à bien besoin de se souvenir de la Grandeur passée de la France, d’avant la « Terreur ».
    Ce que je peux regretter, c’est de n’avoir, à ma connaissance, jamais vu S.A.R. sur les Médias télé et en particulier chez J.J. Bourdin. Nous aurions bien besoin de l’entendre.

    Mes hommages chaleureux à S.A.R.
    Comte Michel de Gand.

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